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Félix Faure devient président de la IIIe République le 17 janvier 1895, après la démission surprise de Jean Casimir-Perier, qui avait pris la suite de Sadi Carnot . Son mandat est quelque peu houleux, secoué notamment par l’affaire Dreyfus et la montée de l’antisémitisme.

Le 16 février 1899,le président Faure, alors âgé de 58 ans, meurt brutalement à l’Élysée, officiellement d’une congestion cérébrale (aujourd’hui appelée accident vasculaire cérébral ou AVC).

Un fait attire tout de suite l’attention, notamment de la presse. Félix Faure n’était pas seul au moment de sa mort: il était en compagnie de sa maîtresse. Une certaine Marguerite «Meg» Steinheil, alors épouse d’un peintre apprécié des milieux officiels.

C’est ici que la réalité historique laisse place au mythe: une rumeur en particulier prend vite de l’ampleur, relayée par la presse et les mots d’esprit. Félix Faure serait mort d’un AVC, qui aurait été consécutif à une «gâterie» fatale prodiguée par sa jeune maîtresse. Un malaise à un moment peu opportun, qui aurait potentiellement été aggravé par des dragées Yse, des excitants alors en vogue à l’époque et à base de phosphure de zinc, mais aujourd’hui reconnus comme dangereux pour la santé.

La rumeur se propage alors rapidement et Madame Steinheil est surnommée “la pompe funèbre” …quelle élégance !

Georges Clémenceau , rival politique, exploite la situation en lachant “Il a voulu vivre en César, il est mort en Pompé”, exploitant les gouts de luxe et de la fete de Félix faure

Au-delà des fantasmes, la réalité est plus simple.

Félix Faure est bien mort d’une congestion cérébrale, qui ne l’a pas tué sur le coup, mais quelques heures après, sans qu’aucune preuve n’atteste d’un quelconque lien avec un acte sexuel.

L’imagination populaire aura tout de même permis à Félix Faure d’être l’un des présidents les plus connus de la IIIe République, mais pas pour son action politique.

Pendant les quatre années de sa présidence, nous lui devons :
— La loi sur les accidents du travail. Toujours en vigueur, c’est la première de toutes les lois sociales concernant les salariés.
— La mise en chantier des croiseurs légers rapides et la généralisation
du canon de 75. Ces deux décisions, prises contre l’avis des techniciens,eurent des conséquences décisives en 1914.
— La résolution heureuse de la crise internationale due à l’incident de Fachoda, qui nous avait mis au bord d’une guerre avec l’Angleterre.
— L’apaisement de l’affaire Dreyfus au m o m e n t où elle débouchait surla guerre civile.
— La transformation de l’amitié franco-russe en alliance militaire.
— La mise sur pied d’un protocole fastueux qui porta la République sur le mêm e plan de représentativité que les autres nations d’une Europe entièrement monarchique.


D e tous les présidents de la IIIe République, aucun ne prit des mesures législatives et diplomatiques d’une telle ampleur ; loin d’être le héros du vaudeville scabreux que les écrivassiers prétentieux s’obstinent à nous rabâcher, Félix Faure, le Président Soleil, est certainement l’un de nos plus grands hommes d’Etat.


Il ne reste de lui qu’une légende écœurante ; elle rejette dans l’oubli une œuvre dont les effets nous sont encore perceptibles.

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